Le bus de la compagnie TCV en provenance de Bobo nous dépose dans le centre ville de Banfora à dix heures trentes.Nous chargeons nos grands sacs sur le dos et les petits devant et allons à l'hôtel "Les Roniers" à pied.

Là, on nous annonce que du fait que nous n'avions pas réservé il n'y a plus de chambre ventilée à 7500 F, il reste seulement des climatisées à 13500 F.  Classique ! En faisant semblant d'aller téléphoner à un autre hôtel et en palabrant, tout compte fait, comme par miracle, il y a une chambre ventilée avec deux lits séparés. En Afrique il n'y a pas de problème, il n'y a que des solutions !!!

En fin de matinée nous prenons rendez-vous avec un guide dans les jardins de l'hôtel "La Canne à Sucre", établissement chic tenu par un français. Je ne vois pas l'utilité de prendre un guide car il vient en surcoût du taxi qui lui aussi connait la région. Après réflexion et discussion avec ma compagne de route, nous négocions avec un taxi pour aller visiter vers seize heures le lac aux hippopotames de Tengréla.

Le taximan nous dépose à la pirogue et le jeune piroguier nous balade en fin d'après-midi entre les nénuphars et les ajoncs sous une lumière rasante et colorée du plus bel effet.

Arrivés à l'autre bout du lac, voilà enfin les hippos qui se réveillent. Ils mettent leur tête en surface et soufflent bruillament. Quelques beuglements impressionnants par leur puissance viennent troubler le calme paisible de l'endroit.

Nous faisons le tour d'un groupe de cinq à six bêtes et le piroguier gare sa barquette le long de la berge. Plus de mouvement et aucun bruit de notre part, nous observons. Quel spectacle ! Les têtes plongent, refont surface, les oreilles s'agitent pour évacuer l'eau. Puis, tout à coup, une tête monte très haut verticalement au-dessus de la surface et nous gratifie d'un immense baillement. Le réflex numérique était prêt et part en rafale pour mémoriser l'instant.

De temps en temps nous entendons quelques beuglement au loin avec l'impression qu'ils sont près de nous. Le crépuscule approchant, nous revenons tranquillement au point de départ en mitraillant tantôt à contre-jour, tantôt en lumière de dos, ici des brindilles et leur reflets, là une fleur de nénuphar.

Ce fût une première impressionnante pour moi, face à des animaux sauvages de grande taille. A renouveler bientôt dans le parc de La Pendjarie au Bénin.