Ouagadougou, dimanche 5 février 2012 en début d'après-midi, le ciel commence à s'assombrir et au bout de quelques heures il n'y a plus de soleil. On ne voit pas de nuage. C'est seulement une opacité qui s'installe progressivement et qui, au sol, réduit la visibilité comme le fait le brouillard.

A la différence du brouillard qui est de la vapeur d'eau, il s'agit ici d'un vent du nord rafraîchissant et desséchant, l'harmattan, qui souffle de novembre à février et amène une très fine poussière du Sahara.          Souvent cette poussière est peu dense et elle donne seulement un horizon laiteux. Mais parfois, comme c'est le cas ces jours-ci, la poussière est très dense à tel point qu'elle masque le soleil et réduit la visibilité.

Tout se recouvre d'une fine pellicule de couleur ocre orangé y compris les vêtements, les cheveux, les cils. Les lèvres deviennent sèches, les narines sont irritées et la gorge "accroche". On se mouche et on crache sans arrêt.

Lors de la toilette le gant prend une couleur inhabituelle et devant la glace je découvre que mes cheveux blancs sont devenus ocres.

Cette ambiance opaque a durée trois jours. Mercredi après-midi le soleil réapparaissait  et le grand beau temps avec chaleur et ciel bleu était de retour jeudi.